Trois banques consolident leur domination sur le secteur bancaire marocain

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Le secteur bancaire marocain a poursuivi sa trajectoire de croissance en 2025, porté par une hausse soutenue du crédit, une progression des dépôts et des fondamentaux jugés solides. Le dernier Rapport sur la stabilité financière, publié conjointement par Bank Al-Maghrib, l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), confirme que trois grands groupes bancaires continuent de concentrer l’essentiel de l’activité financière du Royaume.

Selon le rapport, ces trois établissements systémiques à capitaux majoritairement marocains détiennent à eux seuls 59,9 % des actifs du secteur bancaire. Ils représentent également 63,2 % de l’encours net des crédits accordés à la clientèle et 62,1 % des dépôts collectés, illustrant un niveau élevé de concentration du marché.

Cette position dominante s’appuie sur un vaste réseau national et international. Ensemble, ces groupes disposent de 2 955 agences réparties à travers le Maroc, ainsi que de 51 filiales et 22 succursales implantées à l’étranger. Cette présence renforce leur capacité à accompagner aussi bien les ménages que les entreprises, tout en soutenant l’expansion des activités financières marocaines hors des frontières.

Le rapport souligne que la reprise confirmée de l’intermédiation bancaire en 2025 a été largement portée par ces trois groupes. Cette dynamique a favorisé une accélération du financement de l’économie dans un contexte marqué par la poursuite des investissements publics, des projets industriels et de la transition énergétique.

Les actifs du secteur bancaire ont atteint 2 323 milliards de dirhams en 2025, soit l’équivalent de 136 % du produit intérieur brut du Maroc, contre 134 % un an auparavant. Cette progression de 8,2 %, identique à celle enregistrée en 2024, reflète principalement la croissance des activités de crédit.

Le rapport met également en évidence la montée en puissance de la banque participative. Les actifs de ce segment ont progressé de 24,7 % pour atteindre 48,5 milliards de dirhams, contre 38,9 milliards en 2024. Cette évolution confirme l’intérêt croissant des particuliers et des entreprises pour les solutions de financement conformes à la finance participative.

L’activité de crédit est restée orientée à la hausse tout au long de l’année. Les prêts accordés à la clientèle ont augmenté de 6,9 %, tandis que les dépôts bancaires ont progressé de 7,7 %. Cette évolution traduit une confiance persistante des déposants et une demande soutenue de financement dans plusieurs secteurs de l’économie.

Le rapport relève également une légère amélioration de la qualité du portefeuille de crédits. Le taux des créances en souffrance est passé de 8,4 % en 2024 à 8,3 % en 2025. Le taux de couverture de ces créances est demeuré proche de 68 %, témoignant d’un niveau de provisionnement stable face aux risques.

Du côté de l’épargne, les dépôts de la clientèle ont atteint 1 390 milliards de dirhams après une progression annuelle de 7,7 %. Les dépôts à vue ont enregistré la plus forte croissance avec une hausse de 10,5 %, portant leur encours à 1 019 milliards de dirhams. Ils représentent désormais 73 % de l’ensemble des dépôts, confirmant leur place centrale dans les habitudes bancaires des clients.

Les comptes d’épargne ont progressé plus modestement de 2,5 % pour atteindre 192 milliards de dirhams. À l’inverse, les dépôts à terme ont poursuivi leur recul avec une baisse de 4,4 %, ramenant leur encours à 132 milliards de dirhams. Leur poids dans le total des dépôts n’est plus que de 9 %, contre 22 % il y a dix ans, une évolution qui reflète les nouvelles préférences des épargnants dans un environnement de taux et de liquidité en mutation.

Au-delà des chiffres, le Rapport sur la stabilité financière estime que le système bancaire marocain continue de faire preuve d’une forte résilience. Les indicateurs d’activité, de rentabilité, de liquidité et de solvabilité confirment la solidité des fondamentaux du secteur et sa capacité à absorber d’éventuels chocs économiques ou financiers.

Cette robustesse constitue un élément déterminant alors que le Maroc poursuit de grands chantiers d’investissement et prépare plusieurs échéances économiques majeures. Dans ce contexte, la capacité des banques à financer durablement l’économie tout en préservant leur stabilité demeure un enjeu stratégique pour accompagner la croissance du Royaume.

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