Le CNDH et le HCP unissent leurs efforts pour mesurer les droits
Le Conseil national des droits de l’Homme et le Haut-Commissariat au Plan franchissent une nouvelle étape dans le renforcement de la gouvernance des droits fondamentaux au Maroc. Les deux institutions ont signé, à Rabat, une convention de partenariat destinée à créer un système national d’indicateurs des droits et des libertés, reposant sur des données statistiques fiables et des méthodologies alignées sur les standards internationaux.
L’accord a été signé par la présidente du Conseil national des droits de l’Homme, Amina Bouayach, et le Haut-Commissaire au Plan, Chakib Benmoussa. Il s’inscrit dans la dynamique nationale visant à renforcer l’effectivité des droits de l’Homme et à améliorer les outils d’évaluation des politiques publiques.
Cette coopération prévoit la mise en place d’un cadre scientifique capable de mesurer l’évolution des droits et des libertés dans le Royaume. L’objectif est d’évaluer les progrès réalisés, d’identifier les disparités entre les territoires et les différentes catégories sociales, tout en analysant l’impact concret des politiques publiques sur les conditions de vie des citoyens.
L’un des principaux volets de cette initiative consiste à élaborer un tableau de bord national des indicateurs des droits de l’Homme. Cet outil permettra de suivre de manière régulière plusieurs dimensions liées aux libertés fondamentales, à l’égalité et à l’accès aux droits. Il offrira également aux décideurs publics une base statistique solide pour orienter les réformes et ajuster les politiques selon des résultats mesurables.
Le partenariat prévoit également le développement de méthodologies de mesure conformes à l’approche du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme. Cette harmonisation avec les références internationales vise à renforcer la crédibilité des évaluations et à inscrire le Maroc dans une démarche de suivi fondée sur des critères reconnus à l’échelle mondiale.
Au-delà de la production de données, les deux institutions entendent développer les compétences de leurs équipes grâce à des formations spécialisées et à des ateliers techniques. Cette montée en compétence devrait favoriser une meilleure exploitation des statistiques publiques et renforcer la qualité des analyses produites.
Pour Amina Bouayach, cette convention représente une évolution importante dans la manière d’évaluer les droits de l’Homme. Elle a souligné que l’utilisation d’indicateurs objectifs permettra de mesurer avec davantage de précision l’écart entre les garanties prévues par les textes juridiques et leur mise en œuvre effective dans la vie quotidienne des citoyens.
De son côté, Chakib Benmoussa a rappelé que cette coopération intervient dans un contexte marqué par la réforme du système statistique national. Selon lui, le renforcement de la gouvernance des données publiques constitue un levier essentiel pour construire des politiques plus efficaces, plus inclusives et davantage fondées sur des preuves.
Cette initiative reflète une évolution des pratiques de gouvernance publique où les données statistiques deviennent un outil stratégique d’aide à la décision. En s’appuyant sur des indicateurs fiables, les institutions pourront disposer d’une vision plus précise des défis à relever et des progrès accomplis dans la protection des droits fondamentaux.
À terme, ce partenariat ambitionne de renforcer la transparence de l’action publique et de consolider les mécanismes de suivi des engagements nationaux en matière de droits de l’Homme. Il pourrait également contribuer à améliorer l’évaluation des politiques publiques en fournissant des indicateurs comparables dans le temps et adaptés aux réalités sociales et territoriales du Maroc.
