La Banque mondiale prévoit une croissance de 4,3 % pour l’économie marocaine à moyen terme

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L’économie marocaine devrait maintenir une trajectoire de croissance solide au cours des prochaines années. Malgré les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur l’activité régionale, la Banque mondiale estime que le produit intérieur brut réel du Royaume progressera de 4,3 % à moyen terme. Cette prévision traduit la confiance de l’institution dans la résilience de l’économie marocaine et dans les réformes engagées pour soutenir un développement durable.

Dans un entretien accordé à l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP), Ousmane Dione, vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan, a souligné que le Maroc sort actuellement de son cycle de croissance le plus dynamique depuis plus d’une décennie. Selon lui, les tensions géopolitiques qui secouent le Moyen-Orient en 2026 devraient réduire la croissance marocaine d’environ 0,8 point de pourcentage cette année, sans remettre en cause les perspectives positives du pays.

À court terme, l’investissement continuera de constituer le principal moteur de l’activité économique. Les dépenses d’investissement devraient progresser de 11,2 % en 2026 grâce à l’accélération de grands projets d’infrastructures et aux préparatifs de la Coupe du monde de football 2030, organisée conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.

Cette dynamique concerne notamment les infrastructures de transport, les réseaux énergétiques, les équipements urbains ainsi que les projets destinés à renforcer l’attractivité économique du Royaume. Ces investissements publics et privés visent également à améliorer la compétitivité nationale et à stimuler la création d’emplois.

À moyen terme, la Banque mondiale estime que la consommation privée prendra progressivement le relais comme principal levier de la demande intérieure. Celle-ci devrait enregistrer une croissance supérieure à 4 %, soutenue par le ralentissement de l’inflation, l’amélioration du pouvoir d’achat et un regain de confiance des ménages.

L’institution met également en avant plusieurs secteurs qui continueront d’alimenter cette croissance. L’agriculture devrait retrouver un rythme plus favorable après plusieurs campagnes marquées par la sécheresse. Le tourisme poursuit sa reprise avec une fréquentation record observée ces derniers mois, tandis que les exportations minières demeurent robustes grâce à la demande internationale pour les phosphates et leurs dérivés.

Malgré ces perspectives encourageantes, la Banque mondiale rappelle que plusieurs défis structurels restent à relever pour préserver cette trajectoire de croissance.

Le stress hydrique et les effets du changement climatique continuent d’exercer une pression importante sur l’économie nationale, notamment sur le secteur agricole. Le marché du travail demeure confronté à des difficultés persistantes, en particulier concernant l’emploi des jeunes et l’intégration des femmes dans l’activité économique.

L’institution attire également l’attention sur les coûts élevés des importations énergétiques ainsi que sur certains risques budgétaires liés aux opérations de cession-bail d’actifs publics, aux entreprises publiques et aux partenariats public-privé.

Parmi les leviers les plus prometteurs figure la transformation numérique. Selon Ousmane Dione, une adoption plus large des technologies numériques pourrait accroître la productivité globale de l’économie marocaine de 10 % à 15 %. La digitalisation des services publics, des entreprises et des secteurs industriels apparaît ainsi comme un facteur majeur de compétitivité dans les prochaines années.

La Banque mondiale souligne également les progrès réalisés par le Maroc dans la gestion des finances publiques. L’évaluation PEFA réalisée en 2024 met en évidence une amélioration de la fiabilité budgétaire, une meilleure discipline dans l’exécution des dépenses publiques ainsi qu’une intégration renforcée des enjeux liés au genre et au climat dans les politiques publiques.

Ces annonces interviennent quelques jours après le lancement officiel du nouveau Cadre de partenariat pays entre le Maroc et la Banque mondiale pour la période 2026-2035. Cette stratégie de dix ans accompagne les grandes orientations du Nouveau modèle de développement et repose sur trois axes prioritaires.

Le premier vise à stimuler la création d’emplois grâce au développement du secteur privé et à l’amélioration du climat des affaires. Le deuxième porte sur le renforcement du capital humain à travers les réformes de l’éducation, de la santé, de la protection sociale et de la couverture retraite. Enfin, le troisième entend favoriser un développement plus inclusif et plus résilient en renforçant les infrastructures de transport, les services numériques et les réseaux énergétiques afin de réduire les disparités territoriales.

Selon la Banque mondiale, la mise en œuvre de ces réformes pourrait permettre la création de plus de 1,7 million d’emplois supplémentaires d’ici 2035. L’institution estime que la poursuite des investissements, l’amélioration de la gouvernance économique et l’accélération des transformations structurelles offriront au Maroc des bases solides pour maintenir une croissance durable dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes.

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