Consommation des ménages : cinq régions dominent les dépenses au Maroc

Consommation des ménages : cinq régions dominent les dépenses au Maroc

Les dépenses de consommation des ménages marocains continuent de se concentrer dans un nombre limité de territoires. Selon les comptes régionaux 2024 publiés par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), cinq régions du Royaume ont représenté à elles seules 74,4 % des dépenses de consommation finale des ménages, confirmant le poids économique croissant des principaux pôles urbains et régionaux.

Les données du HCP montrent que les dépenses de consommation finale des ménages ont atteint 944,1 milliards de dirhams en 2024. La région de Casablanca-Settat s’est imposée comme le principal moteur de la consommation nationale avec 25,3 % du total. Elle est suivie par Rabat-Salé-Kénitra avec 14,8 %, Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 11,6 %, Fès-Meknès avec 11,4 % et Marrakech-Safi avec 11,3 %.

À elles seules, ces cinq régions concentrent près des trois quarts de la consommation des ménages du pays. Cette répartition reflète la forte concentration démographique, économique et commerciale observée dans les principaux centres urbains du Royaume, où se concentrent l’emploi, les investissements et les infrastructures.

Des écarts régionaux qui se creusent

Les chiffres publiés par le HCP mettent également en évidence une accentuation des disparités territoriales. Les autres régions du pays ont représenté ensemble seulement 25,6 % des dépenses nationales de consommation. Leurs contributions varient fortement, allant de 0,8 % pour Dakhla-Oued-Eddahab à 7,2 % pour Souss-Massa.

Cette concentration accrue se traduit par une augmentation de l’écart moyen entre les dépenses régionales et la moyenne nationale. En 2024, l’écart absolu moyen a atteint 51,5 milliards de dirhams, contre 48,5 milliards un an auparavant. Cette évolution témoigne d’un renforcement du poids économique des régions les plus dynamiques et d’une progression plus modérée dans les territoires moins peuplés ou moins industrialisés.

Dans un contexte marqué par la poursuite des grands projets d’infrastructures, le développement des zones industrielles et l’accélération de plusieurs programmes d’investissement public et privé, les grandes régions économiques continuent d’attirer une part importante des activités génératrices de revenus et de consommation.

Le niveau de consommation par habitant reste contrasté

Rapportées à la population, les dépenses de consommation finale des ménages ont atteint une moyenne nationale de 25.664 dirhams par habitant en 2024.

Six régions ont dépassé cette moyenne nationale. Dakhla-Oued-Eddahab arrive en tête avec 34.515 dirhams par habitant. Elle est suivie par Casablanca-Settat avec 31.173 dirhams, l’Oriental avec 27.805 dirhams, Rabat-Salé-Kénitra avec 27.250 dirhams, Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 27.210 dirhams et Laâyoune-Sakia El Hamra avec 25.696 dirhams.

Ces résultats illustrent des réalités économiques différentes selon les territoires. Certaines régions bénéficient d’une activité économique soutenue, d’un niveau de revenu plus élevé ou d’une population relativement limitée, ce qui se traduit par des dépenses par habitant supérieures à la moyenne nationale.

Une dispersion plus marquée des dépenses individuelles

L’étude souligne également une hausse des écarts entre régions en matière de consommation par habitant. L’écart absolu moyen est passé de 3.423 dirhams en 2023 à 3.609 dirhams en 2024.

Cette progression confirme que les différences de niveau de vie et de pouvoir de consommation demeurent importantes d’un territoire à l’autre. Elle met en lumière les défis liés à l’équilibre territorial et à la réduction des disparités régionales, alors que le Maroc poursuit ses efforts en faveur d’un développement plus inclusif.

Les comptes régionaux du HCP confirment ainsi que la dynamique de consommation nationale reste largement portée par quelques grands bassins économiques. Ils soulignent également l’importance des politiques publiques visant à renforcer l’attractivité économique des régions moins contributrices afin de favoriser une croissance plus équilibrée à l’échelle du Royaume.

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