ZLECAf : à Brazzaville, le Maroc partage sa méthode avec l’Afrique centrale

Najoua El Berrak, ambassadeur du Maroc à la République du Congo, a exposé à Brazzaville la stratégie ZLECAf du Royaume et ses quatre filières prioritaires.

Groupe de responsables gouvernementaux et diplomatiques debout sur scène à la conférence régionale

Photo : MAP

« Le Maroc offre une méthode dont nous pouvons nous inspirer. » Najoua El Berrak, ambassadeur du Maroc à la République du Congo, a clos ainsi son intervention à Brazzaville, où se tient depuis mercredi 21 octobre la conférence sous-régionale « Sa ZLECAf » consacrée à l’Afrique centrale.

Invitée d’une table ronde sur les bonnes pratiques nationales de domestication de la Zone de libre-échange continentale africaine, la diplomate a détaillé le cheminement suivi par le Royaume. Après avoir ratifié l’accord de Kigali instituant la ZLECAf, le Maroc s’est doté d’un comité national chargé de piloter son application.

Quatre filières prioritaires

Les ministères concernés et le secteur privé ont été mobilisés autour d’une stratégie nationale, lancée début 2025. Cette même année, le Royaume a officiellement intégré le dispositif d’échanges préférentiels de la zone, a précisé Mme El Berrak.

« Le Maroc n’a pas attendu la fin de la procédure juridique pour se préparer », a-t-elle souligné.

Conçue avec le soutien de la Commission économique pour l’Afrique, la stratégie cible quatre secteurs porteurs pour bâtir des chaînes de valeur régionales : l’agroalimentaire et l’agriculture, l’industrie automobile, le secteur pharmaceutique, ainsi que la logistique et le transport.

Sur le plan pratique, l’ambassadeur a évoqué les dispositions douanières, la mise en œuvre du protocole de l’accord relatif aux marchandises et l’allègement des formalités à l’export. Les entreprises bénéficient d’actions de sensibilisation, de formations aux règles d’origine et d’un accompagnement lors de missions de prospection dans plusieurs pays africains.

Plusieurs leviers soutiennent ce dispositif, a-t-elle expliqué : des accords avec les établissements bancaires marocains présents sur le continent, un fonds destiné à appuyer les investissements hors du Maroc, et Tanger Med, premier port africain pour le trafic de conteneurs.

Environ 14 % d’échanges intra-africains

« Malgré les avancées enregistrées, plusieurs défis persistent », a reconnu la diplomate. Le commerce entre États africains ne pesait qu’environ 14 % du total des flux du continent, a-t-elle rappelé, citant aussi de nombreux obstacles non tarifaires : normes divergentes, procédures complexes, transport onéreux et connectivité insuffisante.

En l’absence d’accord final sur les services et sur une partie des règles d’origine, elle a jugé nécessaire de faire coexister la ZLECAf avec les accords régionaux et bilatéraux déjà en vigueur.

Une feuille de route attendue

Ministres africains du Commerce, bailleurs, partenaires techniques et opérateurs économiques prennent part à ces travaux, centrés sur le développement économique de l’Afrique et sur l’implication accrue des femmes et des jeunes porteurs de projets dans un marché qui compte près de 1,5 milliard de personnes.

À l’ouverture, une vidéo a retracé la lutte pour l’indépendance menée par des dirigeants africains, parmi lesquels feu Sa Majesté le Roi Mohammed V, soulignant le leadership panafricain et l’intérêt de développer le commerce interafricain.

Les discussions ont porté sur l’allègement des droits de douane ainsi que sur l’ouverture des marchés régionaux aux sociétés dirigées par des femmes, afin de mieux les insérer dans les chaînes de valeur. Une « Déclaration de Brazzaville » devrait être adoptée, accompagnée d’une feuille de route régionale fixant les priorités, les responsabilités de chacun, le dispositif de suivi et les ressources financières nécessaires.

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