La Chine menace de suspendre ses relations commerciales avec l’Union européenne

La Chine a averti qu’elle pourrait suspendre ses relations économiques et commerciales avec l’Union européenne si les négociations en cours ne débouchent pas sur des résultats concrets. Cette mise en garde intervient dans un contexte de tensions croissantes liées aux déséquilibres commerciaux et aux différends sur l’accès aux marchés.

Selon des informations relayées par un compte affilié à China Central Television, Pékin estime que l’Union européenne a durci sa position depuis l’ouverture d’une enquête sur les subventions accordées aux véhicules électriques chinois.

Les autorités chinoises considèrent que Bruxelles s’appuie sur des mesures de pression et des conditions strictes afin de renforcer son pouvoir de négociation. Le rapport accuse également l’Union européenne d’utiliser de plus en plus les réglementations et les normes techniques pour limiter l’accès à son marché, ce qui, selon Pékin, affaiblirait l’influence du bloc dans le commerce mondial.

Ces déclarations ont été publiées à la veille d’une rencontre à Bruxelles entre le ministre chinois du Commerce Wang Wentao et le commissaire européen au Commerce Maroš Šefčovič. Les discussions doivent porter sur la réduction des tensions commerciales ainsi que sur plusieurs différends liés au commerce et à l’investissement.

L’Union européenne continue de demander à la Chine de s’attaquer au déséquilibre commercial entre les deux économies. En 2025, la Chine a enregistré un excédent commercial de marchandises d’environ 360 milliards d’euros avec le bloc européen. Cet écart s’est encore creusé au cours de l’année 2026.

Les dirigeants européens ont appelé la Commission européenne à poursuivre le dialogue avec Pékin tout en préparant des mesures destinées à protéger les industries européennes. Bruxelles s’inquiète notamment des importations chinoises subventionnées, de la dépendance aux chaînes d’approvisionnement chinoises et d’éventuelles mesures de rétorsion visant les entreprises européennes.

De son côté, la Chine affirme que ses entreprises accordent désormais moins d’importance au marché européen et se tournent davantage vers d’autres régions du monde. Pékin souligne toutefois que la coopération se poursuit dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les véhicules électriques, les batteries et l’industrie automobile, où plusieurs pays européens cherchent à attirer davantage d’investissements chinois.

La Chine a également averti que le maintien de l’approche actuelle de l’Union européenne pourrait compromettre les perspectives d’élargissement de la coopération économique et commerciale entre les deux parties.

Les données publiées par Eurostat illustrent l’ampleur du déséquilibre. Au premier trimestre 2026, l’Union européenne a enregistré un déficit commercial de marchandises avec la Chine de 98 milliards d’euros, son niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre 2022.

Cette hausse du déficit s’explique par une augmentation de 3,4 % des importations européennes en provenance de Chine, qui ont atteint environ 145 milliards d’euros. Dans le même temps, les exportations européennes vers la Chine ont reculé de 4,8 %.

Les équipements électriques, les machines et les pièces mécaniques sont restés les principales catégories d’échanges entre les deux partenaires en 2025. Les importations européennes de machines et de composants mécaniques ont enregistré la plus forte progression, suivies par les produits chimiques organiques.

À l’inverse, les exportations européennes de véhicules et de pièces automobiles vers la Chine ont fortement diminué. Les exportations d’aéronefs et d’équipements spatiaux ont cependant progressé sur la même période.

Les discussions prévues à Bruxelles seront déterminantes pour évaluer la capacité des deux parties à réduire les tensions avant une nouvelle aggravation des différends commerciaux.

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