Achoura au Maroc entre spiritualité, jeûne et traditions familiales
Achoura est célébrée ce vendredi 26 juin au Maroc. Cette journée correspond au 10e jour du mois de Muharram, l’une des dates les plus importantes du calendrier islamique. Le ministère des Habous et des Affaires islamiques avait annoncé le début de l’année hégirienne 1448 le 17 juin.
Pour de nombreux Marocains, Achoura est avant tout une occasion religieuse. Dans la tradition sunnite, cette journée est associée à la gratitude, au repentir, au jeûne et au souvenir de la miséricorde divine.
Selon la tradition islamique, Achoura est liée à l’histoire du prophète Moussa et au salut des Enfants d’Israël face au Pharaon. Un hadith rapporté dans Sahih al-Bukhari indique que le prophète Mohammed découvrit à Médine que les juifs jeûnaient ce jour-là en signe de reconnaissance envers Dieu. Il déclara alors que les musulmans avaient un lien particulier avec Moussa et observa lui aussi ce jeûne.
Le jeûne d’Achoura demeure facultatif mais il occupe une place importante dans la pratique religieuse de nombreux fidèles. Un hadith rapporté dans Sahih Muslim affirme que son accomplissement permet l’expiation des péchés de l’année précédente. Plusieurs savants recommandent également de jeûner le neuvième et le dixième jour de Muharram, ou le dixième et le onzième, afin de prolonger l’acte d’adoration.
Achoura s’inscrit aussi dans le mois de Muharram, l’un des quatre mois sacrés de l’islam. Cette période est considérée comme propice au renforcement de la foi, à l’éloignement des fautes et à l’intensification des actes de dévotion. Au Maroc, cette dimension spirituelle se manifeste souvent à travers les prêches, les œuvres de charité, les visites familiales et les actes de solidarité.
Au-delà de sa portée religieuse, Achoura conserve une forte dimension culturelle. Les familles offrent souvent des cadeaux aux enfants, notamment des jouets, des tambours et des instruments traditionnels. Les foyers préparent également des fruits secs, des noix et diverses douceurs associées à cette célébration.
Certaines régions perpétuent aussi des coutumes locales comme les jeux d’eau ou les rassemblements en soirée. Ces traditions varient selon les familles et les territoires, mais elles contribuent à faire d’Achoura un moment de partage et de convivialité.
Malgré ces expressions culturelles, la dimension religieuse demeure au cœur de cette journée. Les traditions populaires accompagnent la célébration, tandis que la spiritualité continue d’en constituer le principal fondement.
